Espace Julien

Les Nouvelles Rencontres d’Averroès

Débat d'ouverture + Loghofète, ou le prénom perdu x Fred Nevché
Espace Julien • Placement libre – Assis

19h - Débat d’ouverture "Du besoin de raconter des histoires"

Soirée animée par Mathieu Magnaudeix (Médiapart)
 

Pourquoi avons-nous tant besoin d’histoires pour comprendre le monde ?

Il y a les histoires que l’on raconte, celles que l’on écrit, d’autres que l’on écoute. Elles se transmettent, rassemblent, tissent et relient ; elles façonnent des mémoires et des identités, mais peuvent aussi diviser. Certaines s’appuient sur les faits, d’autres empruntent les chemins de la fiction : toutes disent quelque chose de notre besoin de donner forme au réel. Mais qui raconte ? À partir de quels faits, de quels silences, de quels souvenirs ? Et que devient une histoire lorsque plusieurs récits se disputent sa vérité ?

Depuis 2024, les Rencontres débutent par un débat avec Marseille pour point d’ancrage de la réflexion, organisé en partenariat avec Mediapart. Cette année, en écho au thème « Franchir / s’affranchir », il s’intéressera à notre besoin de raconter des histoires, à la lisière du journalisme, de l’enquête et de la fiction. Une question au cœur du nouveau roman de l’écrivain et journaliste franco-libanais Sabyl Ghoussoub, Mon imam, dans lequel il enquête sur la disparition de l’imam Moussa Sadr tout en revendiquant la liberté de l’écrivain d’investir les blancs de l’Histoire. Face aux témoignages contradictoires, aux mythes et aux récits politiques, la fiction peut-elle permettre d’approcher une autre forme de vérité ? Il en débattra avec l’anthropologue Giulia Fabbiano (Aix-Marseille Université), dont les travaux interrogent notamment les mémoires et les récits liés aux migrations et à l’Algérie.

Fred Nevché x Loghofète, ou le prénom perdu

21h - Loghofète, le prénom perdu
Création musicale et documentaire de Fred Nevché, avec Diala Lteif, chercheuse et urbaniste à l’université de Cambridge.

Un prénom mystérieux pour remonter le fil de l’exil arménien, de Marseille à Beyrouth.

L’arrière-grand-père de Fred Nevché était orfèvre. Il s’appelait Loghofète. Son arrière-grand-mère se nommait Satenik. Le 15 octobre 1923, tous deux arrivent à Marseille avec leurs cinq enfants, Mariama, Haïk – le grand-père de Fred –, Agop, Onnik et Garvis. Après le service sanitaire de quarantaine, ils sont conduits au camp Oddo, où sont accueillis les réfugiés arméniens. De ce prénom, « Loghofète », Fred ne trouve aujourd’hui aucune autre trace. Il semble même que personne d’autre ne l’ait jamais porté.

À la même époque, à Beyrouth, une famille arménienne débarque au port. Garabet, sa femme Herminée et leurs enfants passent par la quarantaine du Lazaret avant de s’installer dans le camp de Karantina. Diala Lteif, chercheuse libanaise en urbanisme à l’université de Cambridge, a retrouvé leurs descendants et recueilli leurs histoires.

Un siècle plus tard, les trajectoires de ces deux familles qui ont fui le génocide se croisent. À la recherche de ses origines, Fred Nevché retrouve Diala Lteif à Beyrouth. Ensemble, ils remontent le fil de ces vies déplacées.

De cette enquête, Fred Nevché fait une création musicale et poétique où sa voix, ses textes et sa musique dialoguent avec les récits, les archives et les images. Entre musique, poésie et matière documentaire, Loghofète, le prénom perdu fait résonner les mémoires de l’exil arménien et leur transmission d’une génération à l’autre.

Une création produite par Les Dits sont de Là, la Bibliothèque orientale de Beyrouth, l'Institut français du Liban et le Centre du patrimoine arménien à Valence.