ACID ARAB (live)
Acid Arab construit depuis plus de dix ans l’une des signatures les plus singulières de la scène électronique française. Né dans le Paris des clubs, des diasporas et des circulations culturelles, le collectif a inventé un territoire musical où les machines dialoguent avec les voix, les modes, les rythmes et les imaginaires du monde arabe, du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et de la Méditerranée.
Depuis ses premières sorties sur Versatile, puis avec les albums Musique de France, Jdid et ٣ / Trois chez Crammed Discs, Acid Arab a imposé une esthétique immédiatement identifiable : une électronique puissante, physique, précise, traversée par les formes de transe, les chants populaires, les percussions, les lignes acides et les mélodies venues d’ailleurs. La musique du collectif repose sur une idée simple : faire coexister les machines et les sources musicales convoquées avec la même intensité, dans un langage commun pensé pour le club, la scène et l’écoute.
Cette approche a rapidement donné au projet une dimension internationale. Avec plus de 600 dates à travers le monde en dix ans, Acid Arab a circulé des clubs prescripteurs aux grands festivals, du Rex Club aux Nuits Sonores, de KOKO et Fabric à Londres au Fusion Festival, en passant par Ibiza Cova Santa, les Eurockéennes de Belfort et de nombreuses scènes en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Amérique et en Asie. Sur scène, le collectif déploie une énergie à la fois frontale et hypnotique, capable de fédérer des publics très différents autour d’un même mouvement.
La trajectoire d’Acid Arab s’est toujours construite par la rencontre. Certaines voix sont devenues des repères dans son univers, comme Sofiane Saidi, présent dès les premiers grands chapitres du collectif et revenu accompagner plusieurs moments forts de son répertoire. D’autres collaborations ont ouvert des lignes nouvelles : Yasmine Hamdan, figure majeure de la scène arabe contemporaine, prolonge avec Resonance un dialogue amorcé plusieurs années plus tôt ; Wael Alkak apporte une intensité percussive et engagée venue de Syrie ; Ghizlane Melih relie la mémoire des musiques marocaines à une sensibilité électronique actuelle. Avec Cem Yıldız, Acid Arab a trouvé un point de contact naturel avec les traditions turques et les formes de transe, tandis que Cheba Ibtissem, Ghita Lahmamassi, Radia Manel, Zeina Aftimos, Dalia, Rita L’Oujdia ou Cheikha Hadjla élargissent encore cette cartographie vocale.
Cette géographie musicale n’est pas seulement une addition d’invités : elle est au cœur de l’essence d’Acid Arab. Chaque collaboration déplace légèrement le centre du projet, ajoute une langue, une couleur, une tension, une manière différente d’habiter la danse. C’est ce qui permet au collectif de passer d’un titre porté par une grande voix arabe contemporaine à une rencontre plus pop avec Edis sur Yaktın Beni, ou à une présence plus cinématographique avec Najwa Nimri, sans perdre son identité. Acid Arab reste le point de convergence : un espace où les voix circulent, se répondent et deviennent matière électronique.
En parallèle, le projet dialogue avec plusieurs générations de producteurs et de remixeurs. R3HAB, Yuksek, Chloé Caillet, KiNK, NTO ou LB aka LABAT ont chacun prolongé l’univers d’Acid Arab vers d’autres scènes, entre house, techno, indie dance et culture club française. Le collectif a aussi revisité Barbès de Rachid Taha, référence essentielle de la musique franco-algérienne, comme un geste de filiation autant que de transmission.
Avec son prochain album Resonance, Acid Arab ouvre un nouveau cycle. Le disque prolonge les obsessions fondatrices du collectif ; la danse, la transe, les voix, la précision sonore, la rencontre - tout en affirmant une écriture plus ample et plus contemporaine. Pour la première fois, la production s’enrichit d’un regard extérieur, apportant une nouvelle profondeur au son et au travail des textures. Autour de ses nombreux invités, Resonance affirme un Acid Arab en mouvement, fidèle à son langage mais ouvert à de nouveaux reliefs.
En 2026, Acid Arab franchit une nouvelle frontière avec la bande originale de l’exposition Hassan Hajjaj à la Philharmonie de Paris. Cette rencontre avec l’univers visuel d’Hassan Hajjaj prolonge naturellement le geste du collectif : faire dialoguer les images, les corps, les cultures populaires, les icônes et la musique dans un même espace vivant. Elle accompagne une séquence forte pour Acid Arab, entre nouvelles collaborations, scènes internationales et perspective d’un Zénith de Paris à venir.
Acid Arab est aujourd’hui un projet rare : un collectif électronique français à la fois club, live, culturel et international ; une musique de fête, d’ancrage et de mouvement, qui ne cherche pas à illustrer un monde mais à le faire résonner.